Lettre d’amitié…_ de Boualem Sansal : manifeste pour sauver l’humanité

Après son roman  Abraham ou la Cinquième alliance(Gallimard 2020), Boualem Sansal publie son  nouveau livre, un essai chez le même éditeur , intitulé Lettre d’amitié, de respect et de mise en garde aux peuples et aux  nations de la terre.

Le livre est un petit essai divisé en quelques parties brèves. D’abord, l’auteur s’interroge sur sa  démarche, à savoir une  lettre  à l’attention des peuples et nations de la terre : que faire d’elle ;  La publier, l’envoyer à l’ONU… ? « …je voudrais qu’elle soit comme le préambule de la constitution d’un monde nouveau dans lequel le e t nations sont enfin et pour toujours rois en leurs demeures… » (p 16.)

Ensuite, l’auteur explique le déclic qui est à l’origine de ce texte : une phrase d’une femme habitant au Pakota du Sud ; « Nous avons une demeure dans la mort mais aucune dans cette vie » (p19). L’autre élément de déclic : revoir avec un regard neuf son pays natal  l’Algérie : un pays  morne ou subsistent tous les types de misères.  Ainsi, sentant en profondeur le naufrage de l’humanité, l’auteur a décidé de prendre la plume.

Par la suite, l’auteur se présente à son lecteur. « Qui vous écrit et d’où vous écrit-il ?». Il se présente plutôt par les évènements de son pays en commençant par les massacres de  1945 , en passant par l’indépendance confisquée, la décennie noire et le Hirak (manifestations du peuple entamées en 2019… «  Comme beaucoup de malchanceux par héritage, je suis né dans la guerre, puis tout au long des années venant j’ai vécu une belle succession de guerres » (p 33)

Dans la partie suivante, l’auteur présente les quatre catégories principales des Destructeurs de l’humanité à savoir l’Argent, la Religion, le Fast-food, et les jeux d’arène. Là, il dénonce ces machines de destruction massive et leurs outils invisibles : la dictature, la guerre, la prédation, la haine, la mondialisation,  etc. « Ils devraient se réjouir de comprendre enfin que les croyances humaines sont toutes des fake news » (p66)

Avant de conclure, Sansal propose une Constitution universelle pour son nouveau monde qu’il rêve, un monde baptisé la Républiques des Hommes libres. Elle contient douze articles dont « La République n’a pas de drapeau. Chacun est libre d’en avoir un selon son gout » (p94). Les deux piliers de cette Constitution sont le miracle (tout est miracle dans le monde) et la liberté ».

Enfin, l’auteur clôture son texte avec une conclusion pleine d’espoir.

L’auteur pose des questions profondes comme celle-ci : « pourquoi les humains sont-ils si bêtes ? »(p26). Ce texte permet aussi d’avoir un éclairage sur son univers romanesque. Parfois, il évoque ses livres comme La serment des barbares.

Simple et percutant, à la lisière de l’alerte et de l’utopie, Lettre d’amitié…est un manifeste de révolte contre la destruction de l’humanité et un appel universel à un nouveau monde où règne la liberté.

***

Point fort du livre: caractère humaniste

Belle citation: « Comme beaucoup de malchanceux par héritage, je suis né dans la guerre, puis tout au long des années venant j’ai vécu une belle succession de guerres » (p 33)

L’auteur: ne en 1949 en Algérie, Boualem Sansal est un écrivain et essayiste. Grand Prix du roman de l’Académie française.

Lettre d’amitié…, Boualem Sansal, éd. Gallimard, France, 2021, 106p.

Par TAWFIQ BELFADEL

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